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L'approche scientifique |
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Dans leurs vastes enquêtes, les chercheurs du CIEQ privilégient le temps et l’espace comme catégories fondamentales d’analyse. Un premier axe, diachronique, repose sur l’étude des processus qui ont transformé la société québécoise de la société coloniale à nos jours. La prise en charge de la dynamique spatio-temporelle amène également les chercheurs du CIEQ à mettre en évidence des cohérences qui fondent dans la durée les modes d’expression culturelles et les régulations sociales. Ce second axe rappelle le nécessaire regard synchronique dans l’analyse des faits sociaux et de culture dans leur rapport à la territorialité québécoise. C’est donc à la dialectique du temps et de l’espace que le Centre s’intéresse, embrassant d’un même élan plusieurs dimensions fondamentales de l’expérience historique de la société québécoise, à travers des processus génétiques, évolutifs et spatiaux.
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Née de l'aventure coloniale de la France en Amérique du Nord, la société québécoise a conquis son territoire en faisant l’expérience d’une intégration de plus en plus poussée aux grands ensembles mondiaux. Cette intégration a déterminé l'évolution de son statut politique, propulsé son développement en même temps qu'elle a modifié ses bases sociales et marqué sa personnalité culturelle. Bien qu'accompli dans des relations de dépendance, ce processus d'intégration n'a pas entraîné son assimilation. Les mécanismes de son rattachement politique et de son imbrication à des espaces dominants ne lui ont pas fait perdre sa spécificité. Des ressorts internes suffisamment puissants lui ont permis de se reproduire socialement et culturellement, sans se fondre avec son voisinage immédiat. Inscrite dans des échanges graduellement plus nombreux et complexes, cette société a cependant beaucoup assimilé.
Le Québec a été ainsi façonné à travers des transformations profondes qui plongent loin dans l'épaisseur du temps. Étudier ces transformations, c'est d'abord interroger la territorialité québécoise. Comment, génération après génération, le Québec a aménagé et réaménagé ses espaces de vie. C'est aussi mettre au jour les éléments de sa culture, scruter les institutions et les processus inhérents à l'encadrement et au jeu des médiations, découvrir la mutation des valeurs de civilisation. Poser cette question, c'est encore interroger les projets de société véhiculés par les différents groupes sociaux et pénétrer les scénarios d'adaptation aux conditions nouvelles, cerner les conditions d'existence, observer les comportements, décoder les projections, les représentations mentales, les mémoires collectives et les sensibilités individuelles, pour mieux comprendre le rapport à soi, aux autres et à l'environnement.
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Le CIEQ se veut sensible aux continuités et aux ruptures qui tantôt s'infléchissent, tantôt prennent l'éclat apparent du changement : simple modernisation d'une tradition ou véritable transformation d'une structure, d'une pratique ou d'un mode de pensée ? Ainsi, l'étude des formes, des hiérarchies, des contenus et des manifestations vécues se trouve-t-elle reliée à l'analyse des rapports dialectiques qui façonnent la société concrète dans ses territoires d'expression et dans le croisement continu des dynamismes internes et externes. Dans cette perspective, le CIEQ explore le champ des échanges que la société québécoise a entretenus avec les grands ensembles que sont la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis et le reste du Canada. La démarche du CIEQ a donc également une dimension comparative.
L’équipe des chercheurs du CIEQ est pluridisciplinaire car la démarche analytique intégrée fait de l’espace une catégorie historique accessible à toute discipline qui s’intéresse au passé: histoire et géographie, bien sûr, mais également sociologie, anthropologie, démographie, philosophie, littérature, sciences de l’éducation, sciences religieuses et théologie. Le CIEQ accueille les chercheurs attirés par son projet intellectuel qui poursuivent des analyses traversant la durée et qui tentent de restituer les territorialités du passé. Voilà pourquoi nous aimons dire que le CIEQ est formé d’une équipe pluridisciplinaire qui devient multidisciplinaire dans ses démarches et dont les idéaux d’interdisciplinarité prennent forme dans ses principales réalisations communes, le projet d’Atlas historique en tout premier lieu, suivant des axes de convergence.
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